À propos

De la vie courante, ou conjurer la disparition

Née à Paris fin 1971, grandi entre la capitale et la Provence, Octavia de Larroche choisit de vivre à Marseille au début des années 1990.
Photographe, elle ne l’est pas au sens classique du terme, mais à sa manière – une sauvage. Elle se considère plutôt comme une preneuse d’images. Chez elle, la prise de vue est d’abord un geste obsessionnel avant de se placer dans une construction artistique.
Au centre de sa démarche se trouve la volonté de capturer la fugacité des choses, de retenir le temps, à travers ce qui compose le quotidien, dans une mise en scène impalpable qui lui donnera cet accent singulier, celui de la nostalgie certainement, qui opère au moment même de la prise de vue, en même temps que le sentiment d’une présence habitée et vécue. Car il s’agit de faire face à la crainte de la perte et de la disparition, de s’en saisir, d’aller à son encontre. Dans ce cadre, tout devient sujet à être photographié, et l’anodin, l’anecdotique, est ainsi susceptible d’être sacralisé par le biais de la photographie. Son esthétique est empreinte d’une recherche de simplicité, de non-spectaculaire, pour mieux viser à l’épure.
Elle élabore sur le long terme une collecte où la photographie est utilisée comme document, comme preuve d’existence. L’accumulation à titre de conservation devient archivage compulsif auquel s’ajoute la notion d’inventaire par classement de différents aspects de la vie courante.

Photo © Renaud Vercey

De plus et par ailleurs
Octavia de Larroche est également cinéaste. Elle a réalisé plusieurs films, documentaires et fictions, développant de la même manière une approche sensible (voir plus bas, FILMS). Son documentaire sur les fans du feuilleton Plus Belle la Vie a été un record d’audience (Tous au Mistral ! 2012). Elle a écrit des films sur l’art, l’un sur Fra Angelico, un autre sur un groupe d’amis surréalistes prenant pour point de départ une photographie de Lee Miller (Un été à La Garoupe, 2014).
La transmission et le partage sont des notions importantes. Octavia a mené de nombreux ateliers auprès de publics variés, entre autres avec le Centre photographique Marseille, Chroniques ou la pianiste Nathalie Negro, Piano and Co (voir le clip Camera Songs 2022). Elle a aussi été l’assistante de l’artiste Arnaud Théval pour le projet La Cage aux oiseaux.
Doublement diplômée, d’une Maîtrise en métiers de l’image et du son (1994) et d’un Master recherche en histoire de l’art (2021), elle est l’autrice d’un article sur l’œuvre céramique de l’artiste Maurice Savin (1893-1973) publié dans la revue Sèvres – à lire sur Persée.
En même temps que sa pratique artistique, Octavia de Larroche occupe divers postes dans le domaine culturel, d’abord pour le cinéma et la télévision en tant que documentaliste-iconographe et assistante mise en scène, notamment pour Érik Bullot ; puis pour les musées comme inventoriste puis chargée de la photothèque.
Elle développe de cette façon une activité pluridisciplinaire dans le monde de l’image et de l’art.

EXPOSITIONS

2024, novembre, Atelier Seruse, série Intérieurs, 76 photographies 8×10 cm en une composition de 19 ensembles, édition d’un catalogue chez Le Bruit de la Nuit.
2022, mars, Buropolis, série Monuments historiques.
2019, Galerie Des mots et des Choses, Olivier Meyer, à Nantes, un montage de 15 photos sous plexiglas, 90×60 cm, Paysage Soyouz.
2015, avril, au Débouché, dans le cadre d’Expolaroid, 3 ensembles de 8 portraits new-yorkais au polaroid, datant de 1995.
2012, Atelier Seruse à l’occasion des Portes ouvertes Consolat ; au FCAC pour À Vendre, avec le Château de Servière, 8 tirages, de 40×50 à 50×70 cm, natures mortes, animaux, paysages, et des impressions A4.
2010, mars, sur les murs dans les rues de la ville, série de paysages et animaux, encollés.
2003, juillet, M Kalerie, une série de paysages au format A4 encollés.
2000, Atelier Seruse, 7 triptyques et diptyques.

PUBLICATION

Voir aussi

Films : https://vimeo.com/octavia
Extraits des films de fiction : Lumières d’août, (1999, 18 mn), Combien on s’aime, (2001, 14mn), et Que la mort nous sépare, (2003, 10 mn), et du documentaire : Tous au Mistral ! (2012, 52 mn).

Le site Des collections : http://descollections.free.fr/
Site créé dès 2003 et jusqu’à 2011, où les images défilent en journal photographique, et où les années sont des étoiles.

Le tumblr Variations : https://octavia-variations.tumblr.com/
En 2012, le titre et le support changent, Des Collections devient Variations, le défilement temporel se poursuit.